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A la découverte de la vie passée

- Votre monnaie Monsieur
- Ah ! merci Madame.
Mathieu ne pouvait pas se permettre de perdre le moindre sous. Il calcule chaque petite dépense, tant cela lui gêne que ce soit Charlotte qui subvienne à presque tout à la maison. Cela fait cinq ans que Mathieu a déménagé dans la petite ville de Manhattan, il connaît chaque petit recoin, et tous les raccourcis pour arriver vite à la maison. Après avoir avalé son sandwich qui lui a servi de déjeuner, il s’affalait aussitôt sur le lit pour s’assoupir. Aujourd’hui, le journaliste travaille la nuit, mais le fait de fixer le ciel à travers sa fenêtre ne l’aidait pas à trouver le sommeil. Du coup, il a décidé d’écouter de la musique douce en attendant l’arrivée de Charlotte qui devrait arriver vers 16 h, à sa sortie du boulot.
Charlotte est la troisième fille avec qui il est sorti depuis qu’il a quitté la maison de son adolescence. Un des objectifs qu’il s’est donné en s’éloignant de ses parents, c’est d’avoir enfin une femme avec qui il pourra tout partager. Mathieu est un homme sérieux, et mature très tôt, mais sur le plan affectif, il s’est toujours fait une idéale du genre féminin. Les deux premières filles avant Charlotte étaient parties, la première était une gentille fille tendre et dévouée, mais elle était encore à l’Université et ses parents l’ont muté dans un établissement à des milliers de kilomètres de lui. Il avait appris cela le jour où il allait lui offrir cette bague, achetée avec des mois d’économie. La deuxième était une trop jolie fille, très travailleuse et épicurienne en même temps. Quand Mathieu lui a gentiment demandé de partager avec lui le petit studio, elle s’est levée pour prendre la fuite aussitôt. C’était une fille libérale et indépendante. Elle ne supporte pas de rester avec le même homme tous les jours. Il avait appris plus tard qu’elle fréquentait bon nombre de personnes pendant qu’elle était avec Mathieu. Charlotte elle, a l’air de promettre, elle disait vouloir vite se marier, car elle est plus âgée que Mathieu. Cela fait 8 mois qu’ils sont ensemble, et tous les deux avaient du mal à joindre les deux bouts, vu que Mathieu ne gagne pas assez.
- Salut chéri, tu dors ?
- Mais si je dors pourquoi est-ce-que tu me parles encore ?
- Ben, parce que je sais que tu ne dors pas (rire narquois). Ecoutes Mathieu, faut qu’on se parle… tu peux t’asseoir ?
- Ah, tu me quittes c’est cela, parce que je suis pauvre et que toi t’en a marres d’être pauvre ! Parce que tu l’as toujours été ! Ok, ferme la porte en sortant et adieu !
- Mathieu, s’il te plaît, tu dois me comprendre…enfin...écoutes, tu trouveras toujours quelqu’un qui te mérite, et qui t’adore. Tu es quelqu’un de bien et tu mérites d’être heureux avec une fille qui sera prête à faire sa vie avec toi.
- Charlotte ! je n’en suis pas à ma première rupture, et ce ne sera pas la dernière non plus. Alors, épargne- moi tes réconforts à la con et fous moi la paix, ok ? Après une minute. Crois- moi, je ne t’en veux pas, ce n’est pas toi, c’est la vie ! C’est ce Dieu qui nous a foutus dans cette merde, pff. Puis bref, allez, je dois encore dormir un peu. La vie continue de toute façon, et j’ai une conférence à critiquer ce soir. Surtout que maintenant je dois gagner encore plus d’argent pour survivre.
Charlotte comprenant la souffrance de Mathieu, se levait doucement du lit. Elle a effacé les larmes qui allaient tomber de ses yeux. Ce n’était pas à elle de pleurer à ce moment-là. L’amertume que Mathieu a laissée échapper brutalement l’a profondément secoué. Elle éprouve beaucoup de sympathie pour Mathieu, enfant elle n’avait pas été entourée d’une famille, et cela fait deux mois qu’elle voyait le propriétaire de cette boulangerie. Le coup de foudre, ce Monsieur d’une cinquantaine d'années lui a demandé en mariage ce jour où elle est allée acheter le petit déjeuner. Je reviendrai chercher mes affaires plus tard quand tu ne seras pas là, je laisserais la clé sous le tapis, …vraiment désolée…elle ferma la porte derrière elle, sans faire de bruits.
Pour Mathieu, peines et colère se mélangent à présent. Colère envers qui, envers quoi. Il a fait une rétrospection rapide de sa vie et n’y voyait aucun refrain. Meilleur de la classe mais cela m’a mené où ? Fils unique, chouchouté par une mère, et me faire larguer comme une vieille chaussette par ces créatures d’Ève ! À quoi bon ? Mais qu’ai-je fait ?
Mathieu est un garçon sérieux, loyal et intelligent. Il a toujours su retenir ses engagements. Sa mère est très fière de lui. Souvent, les recruteurs tombent tout de suite sous son charme, mais un autre qui a plus d’expériences, ou le cousin du grand patron arrive toujours à lui devancer. Sinon, ses qualifications ne correspondent pas au profil, ou le poste qu’il recherche n’est pas disponible. Ce jeune homme rêve depuis toujours d’exploiter ses compétences au sein d’une grande boîte. Bien gagner sa vie et rendre une famille heureuse. Je ne demande pas la lune pourtant ! Cria – t il en lançant la bouteille de jus contre le mur. Ce jus qu’il est allé acheter ce matin pour lui et Charlotte.
Mathieu n’avait plus envie de sortir, il jetait un coup d’œil à la montre pendue au pied de son lit. Pensait sérieusement à revenir chez sa mère, comme il aura du mal à payer le loyer maintenant, à laisser tomber la rédaction journalistique - personne ne va réclamer mes articles de toutes les façons. Devenu monologue, trainant ses pieds nus par terre, il essayait d’éviter les brises de verre, fouillait dans son tiroir, cherchant quelque chose. Il laissait tomber ses papiers par terre ; CV lettre de motivation, journal – pff n’importe quoi tout ça !...Voilà « penser et devenir riche ». – Bla bla bla- Il feuilletait quelques chapitres et s’assoupit au bout d’une heure.
Cela fait trois fois maintenant que Mathieu fait ce même rêve. Il se trouve dans une sorte de jacuzzi et des ravissantes femmes qui dansent, lui tournent autour.
- Moi aussi, je t’aime maman. Je profite de mon petit studio ces quinze derniers jours et je serais tout à toi à la fin de ce mois (la maman parle en même temps à l’autre bout du fil). Oui, tout va bien, t’inquiètes, je remets de l’ordre dans ma vie et je repartirai à zéro maman.
Il disait cela et ne pensait pas un mot. - Il ne faut surtout pas qu’une autre personne de plus souffre pour moi, moi c’est déjà beaucoup – se dit-il.
Le livre d’hier soir présume que notre vie est le résultat de ce que nous sommes. Notre façon de penser, de sentir, nos actions, nos attentes par rapport à nos espoirs. Mathieu a toujours été un homme attachant et adoré par son entourage. Il fondait beaucoup d’espoir dans ses études. Un élève appliqué et assidu, il préparait sa vie active depuis toujours. Il voyait le livre de la veille comme une insulte.
Cinq appels en absence, trois venants de son ami – collègue qui l’avait appelé la veille, et deux de la chaine internationale à qui il devrait livrer son article ce matin. Après avoir éteint son téléphone, il l’a jeté sur le lit. Il a mis son basket, enfilait son blouson et partit aussitôt faire le vide dans sa tête.
Les voisins qui retournaient de leur jogging, le saluaient avec dynamisme. Il répondait machinalement sans y prêter beaucoup d’attention. Ni heureux, ni triste, il traversait la ville et se concentrait sur ses pas afin de ne penser à rien d’autre. Une demi-heure passée, c’est après avoir traversé la rue qu’il a trouvé l’idée de passer à la bibliothèque.
A première vue, la femme qui recevait à l’accueil est encore très jeune, mais derrière ses lunettes, elle cachait des yeux scrupuleux. Non, les femmes c’est fini ! En tout cas pas aujourd’hui !
- Vous dites Monsieur ?
- Non, je ne disais rien. Je vous laisse ma carte, je vais rester ici pour la journée, mais je sors un peu à midi pour me trouver à manger et je reviens, merci Madame ! (sourire).
- Bonne lecture!
Il est maintenant 16 h moins le quart, la bibliothèque allait fermer à 16 h. Mathieu se leva d’un bond pour se dégourdir les jambes. Il traversa tous les rayons et arriva jusqu’au fond. Derrière les grandes encyclopédies il trouva un livre, pas très épais, assez vieilli par le temps. Les titres que ce livre laisse entendre lui intriguaient : d’où vous venez– pourquoi avoir choisi cette vie – faites connaissance avec vos vies antérieures pour mieux vivre celle-ci. Il ouvrit la première page et semble trouver le contenu très intéressant. Comme la bibliothécaire s’impatiente pour fermer, Mathieu ne pourrait pas lire ce livre jusqu’au bout. Il ne pouvait attendre le lendemain tellement, cela lui captivait. Il ne pouvait pas non plus l’empocher, la secrétaire verra. Il déchira alors toutes les feuilles délicatement mais rapidement, les plia et encaissa le tout dans les poches intérieures de son blouson.
- Au revoir mademoiselle !
- Attendez, votre carte Monsieur, et bonne fin d’après – midi
- J’espère qu’elle sera bonne…

Nadia.Tr il y a 1 an

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