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La réalité de l'imaginaire

L'Écosse est très belle à cette époque de l'année, surtout dans la région des lacs, ces lacs qui se blottissent dans la brume matinale comme pour se protéger des premiers rayons du soleil. Ils nous rappellent à quel point la nature a su garder son intégrité dans bien des domaines. En cette période, le soleil levant fait ressortir du paysage des couleurs qui ne semblent pas réelles, des couleurs à la fois vives et discrètes, chaudes et éclatantes, sombres et pourtant lumineuses. Beauté discrète, secrets engloutis, mystères à jamais conservés, tant de choses qui font que cette Dame Nature passionne et intrigue ces petits enfants rêveurs, comme ce petit bonhomme que l'on pouvait à peine discerner ce matin là sur les bords de ce lac qui commençait à peine à scintiller.

Marcus Obiwan est un petit garçon comme les autres. Né le cinq avril mille neuf cent soixante-cinq dans un petit village d'Ecosse du nom de Glenfinnan, il traîne souvent sur les bords du Loch Shield, lac qui caresse les rivages de son village natal. Dès l'âge de sept ans, il aime se laisser bercer par les douces mélodies silencieuses émanant des brumes matinales qui recouvrent cet océan mystérieux. C'est là, sur les bords de ce lac qu'il considère comme magique, qu'il a appris à ressentir pour la première fois toute la profondeur du mystère de la nature. Au fond de lui, il a l'impression qu'une communication doit être possible avec ce monde du silence, mais que cet échange ne serait réservé qu'à celui qui saurait maîtriser le langage des brumes et du quartier de lune. Ce petit garçon, blond comme un reflet de soleil, qui ne connaît pas encore grand-chose de la vie, comprend ce matin là que, quoi qu'il advienne à l'avenir, il lui faudra garder au plus profond de lui l’image de ce paysage magique qui l'a vu naître.
Bien qu’émerveillé face à ce genre de spectacle, Marcus ne peut s’empêcher d’être triste. Il sent son cœur si loin de cette paisible quiétude qui s’étale devant lui. Si seulement il pouvait entrer en contact avec cette Dame Nature qui se cache derrière ce paysage. Un de ses vœux les plus chers serait qu’elle devienne sa meilleure amie, une amie qui serait toujours à ses côtés, sur qui il pourrait reposer sa tête lorsqu'il serait triste, à qui il pourrait confier tous ses secrets. Mais, bien conscient que ce souhait risque à jamais de ne rester qu’un rêve, il ne peut s’empêcher de garder à l'esprit que derrière ce spectacle, qui n'a d'égal que la beauté de ses rêves d'enfant, se trouve forcement quelqu'un qui saurait comprendre sa solitude.

Le soleil qui pointe doucement à l'horizon lui rappelle qu'il est temps de rentrer. Notre petit bonhomme se lève et descend doucement les marches humides de la haute tour de pierres qui domine son lac. Encore tout imprégné de son endroit secret, il remonte le sentier qui le mènera jusque chez lui.
- « Tu es déjà debout Marcus ? Mais où étais-tu ? » Demande sa maman, qui n’était plus inquiète sur le fait que son petit garçon sortait parfois le matin de bonne heure. La région est assez déserte dans ce coin du pays, et maintenant, il connaît assez bien les alentours de la maison pour se promener seul, surtout sur ce petit chemin qui mène droit au lac. Mais le petit garçon ne donne aucune réponse à la question de sa maman tant il est encore sous le charme du spectacle que la nature lui a offert ce matin, ou peut-être est-il encore en train de voyager dans sa tête comme il le fait souvent quand il laisse libre cours à son imagination d'enfant ? Sa maman n'ose pas le troubler. Elle est là, à regarder son petit bonhomme de sept ans qu'elle n'arrive pas toujours à comprendre. Tantôt il a le comportement de tous les enfants de son âge, c'est à dire rieur, joueur et faisant même parfois des bêtises, tantôt il reste secret, rêveur et porte sur les choses un regard d'une maturité déroutante. Pour lui, la meilleure façon d'apprendre, c'était de comprendre, et comprendre, c'est savoir regarder les choses dans leur ensemble. Un simple éclat de lumière sur l'eau est magnifique, mais il est encore plus beau quand on prend conscience qu'il résulte de l'harmonieuse association d'un rayon de soleil, d'une vaste étendue d'eau et d'une légère brise qui semble donner vie à l'ensemble. Il prend conscience que le résultat, cet éclat de lumière résulte, d’une combinaison d’état parfaitement ajustée par Dame Nature. C'est comme cela que ce petit garçon avait l'habitude de regarder le monde qui l'entoure, et cela lui permettait de ressentir des choses extraordinaires.


Quelques mois étaient passés, et déjà les premiers flocons commençaient à refroidir le lac. Marcus aime bien cette période de l'année. Pour lui, chaque moment qui précède la fête de Noël est un instant magique car, même s'il est insignifiant, il fait déjà partie intégrante de ce grand événement. C'est un des composants qui constitue ce genre d'ensemble qui n'est beau que lorsqu'il est regardé dans sa totalité. Cette période est pour lui le moment des choses fascinantes, tous ces cadeaux, tout ce monde dans la maison qui rie et qui chante, toutes ces décorations qui font de la salle à manger un endroit si scintillant, un peu comme les reflets du soleil sur son lac magique.

Enfin la semaine de la grande fête familiale était arrivée. Dans la famille, c'est une tradition de se réunir pour le jour de Noël. Tout le monde se retrouve pour fêter ensemble cet événement. C'est également l'occasion pour chacun de raconter un peu ce qui lui est arrivé durant cette année qui est sur le point de s'achever. Et plus le jour approchait, plus Marcus était excité comme un criquet. Sa joie était extrême dès le moment où il descendait du grenier les cartons qui contenaient les décorations qui allaient servir à orner toute la maison. Au fur et à mesure que les boules et les guirlandes se propageaient, il savait de moins en moins où fixer son attention tant la maison scintillait de ses mille feux. Le sapin clignotant, la cheminée flamboyante, jusqu'à la couronne accrochée à la porte d'entrée en guise de bienvenue pour les invités. Mais son endroit préféré restait le buffet, ce meuble qui lui semble immense et sur lequel s'étend tout le cortège des santons qui font route vers la crèche. Maman sait si bien la reconstruire chaque année.

Toute la maison était en grande effervescence, le grand jour était arrivé. Les invités commençaient à remplir la salle de leurs éclats de rire. Tout le monde était presque là, il ne manquait plus qu'un cousin éloigné que l'on ne voyait que dans de telles occasions. Marcus allait pouvoir goûter à la coupe de champagne que maman lui avait promis pour essayer de le calmer un tout petit peu. Il en avait même oublié qu'il portait ses plus beaux vêtements, lui qui déteste ça, lui qui ne se sent bien que dans un vieux pantalon que sa mère se moque bien de voir rentrer tout sali. Mais cette fin d’année avait quelque chose de plus que les précédentes. En effet, pour agrandir un peu plus le cercle familial, on avait invité un oncle éloigné qui n’avait pas encore eu l’occasion de profiter de ce moment cher au cœur de tous.
- « Tu sais Marcus, c’est la première fois que ta cousine Helen, la fille d’oncle Jack, vient dans cette maison. Comme elle est, paraît-il, très timide, je compte sur toi pour bien jouer avec elle ! »
- « D'accord maman, je te le promets ! ». La maman de Marcus savait qu'elle pouvait compter sur son petit garçon car il l'avait écouté avec un regard semblable à celui qu'il a quand il regarde quelque chose qu'il veut comprendre, ce regard si adulte qui intrigue parfois. Ca y est, Oncle Jack était arrivé. Marcus savourait à l'avance sa coupe de champagne qui tardait vraiment à arriver quand tout à coup il aperçut Helen.

Sans vraiment prendre conscience du regard qu'il jette sur la petite fille, il la trouve très mignonne. Pour sa première réunion familiale, tante Lina avait habillé cette petite fille telle une véritable écossaise. Kilt de rigueur, adorable petit chemisier blanc et surtout deux petites tresses qui caressaient ses épaules. Mais la fierté de boire la boisson des grands l'emporta. Arborant sa coupe, notre chevalier d'un jour faisait le tour des invités pour exposer son trophée. Il poussa même jusqu'à se planter au milieu de tous pour s'écrier :
- « Joyeux Noël à tous ! », histoire d'être bien sûr que tout le monde l'avait bien vu. Mais au moment où il pose ses lèvres sur le bord du verre, son regard s'arrête sur celui d'Helen. Il se sent soudain comme figé, son sourire s’éteint doucement. Il est, à cet instant, très intrigué de ce qu'il ressent. Cette petite inconnue a dans les yeux des reflets semblables à ceux d'un soleil levant sur son lac magique. Comment est-il possible, que des yeux d'une petite fille, s'échappent autant de charme qu'une aube dans son pays secret ? Marcus en oublie sa coupe de champagne tant son esprit est embrouillé. Est-il en train de rêver pour avoir là, devant lui, un être qu'il ne voyait d'habitude que dans ses voyages imaginaires ? Tout correspond à la perfection. Sa beauté et sa délicatesse n'avaient rien à envier à celle des elfes de son pays magique. Il prit alors conscience que cette fille avait quelque chose de différent des autres. Avait-elle un quelconque lien avec son pays magique ? Est-elle là par hasard ou est-ce voulu par quelqu'un ? De toute façon, si elle était vraiment ce qu'elle paraissait être, elle avait une place au pays de ses rêves et apparemment, elle seule pourrait l'y emmener. Il lui fallait avoir une réponse…

C’est plus fort que lui…il doit savoir !

Marcus il y a 1 an

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