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Psychanalyse du logiciel de langue

Italien ; lieux ; renforcer ; commencer la révision
— La salle - la sala
— le musée - il museo
— io sono in citta - je suis en ville
— lui vive in un palazzo importante - lui vive in un palazzo importante
— andiamo a teatro oggi - nous allons au théâtre aujourd'hui
— siamo nello stesso albergo - siamo nello stesso albergo
— j’ai du sel et de l’eau – ho sale e acqua
— mia sorella è in prigione – ma sœur est en prison
— le théâtre – il teatro
— d'estate lavoriamo in libreria - d'estate lavoriamo in libreria
— andiamo alla stazione ferroviaria – nous allons à la gare ferroviaire
— è una citta su una collina – c’est une ville sur une colline
— lui vive in un palazzo importante – il vit dans un palais important
— i teatri sono grandi – les théâtres sont grands
— è una prigione vecchia – c’est une vieille prison
— paga l’albergo – paga l’albergo
— non so dov’è la stazione ferroviaria – je ne sais pas où est la gare ferroviaire
— nous entrons dans le palais – entriamo nel palazzio
— il paie l’hôtel – paga l’albergo
— la nostra città ha un vecchio castello – notre ville a un vieux château

Je passe sur les erreurs qui sont représentées à la fin.

Les phrases sont en partie aléatoires et le résultat d’un algorithme basé sur l’historique des réponses. Mais leur interprétation ne l’est pas. Pas du tout ?

Je reprends.

La salle.
Une salle donc. Le décor est planté. Une vaste salle vide puisqu’on y a encore rien mis. Blanche immaculée ou nimbée de mystère. Sa blancheur ouatée dissimule ce qui va suivre dans les limbes de nuées vaporeuses. Un hammam ?
Le musée : des statues, des peintures commence à émerger du brouillard qui se dissipe. Pas un bruit sauf mes pas feutrés inquisiteurs sur le marbre poli de cette grande salle d’exposition.
Je suis en ville. Naturellement, le musée est en ville mais ses lourdes portes fermées filtrent la rumeur citadine. On se croirait en Éden ou quelque part avant la création.
« Lui vive in un palazzo importante ».
Pourquoi soudain de l'italien ? D’où vient cette voix ? Qui m’avertit ? De quel sombre dessein ?
— « Andiamo a teatro oggi » : nous allons au théâtre aujourd'hui.
Quels seront le thème et l’intrigue. Cela se passera en Italie probablement. En Toscane, je crois. Pourquoi pas à Florence au Musée des Offices, derrière la place de l’hôtel de ville sous le regard bienveillant de David.
— Siamo nello stesso albergo
Nous sommes logés à la même enseigne. Nous partageons une faute commune que nous devons maintenant expier. Je suis prêt : sono pronto.
J’ai du sel et de l’eau.
Pour les ablutions ? On ne pénètre pas un domaine sacré sans quelques rites de passage.
— mia sorella è in prigione – ma sœur est en prison
En prison ? Je ne crois pas. Ou alors, une prison intérieure. Elle s’est retirée dans ses rêves. Elle m’aimait. Je n’ai pas été à la hauteur. Elle a fui ou s’est réfugiée là où plus rien ne peut l’atteindre. Est-ce seulement vrai ou souffre-t-elle encore derrière le sourire figé, un peu triste, solitaire et dément qui ne quitte plus son visage poupin ?
Le théâtre !
C’est cela, oui. Elle joue, elle est en représentation. « La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire Racontée par un idiot…
— D'estate lavoriamo in libreria
Voilà autre chose ! Et qui relance l’intrigue. Serait-ce une invitation ? Libreria c’est une librairie ou la bibliothèque ? Dois-je m’y rendre ? Par compassion ? Par amour ? Que veut-on me dire que je ne sache déjà ? Je n'ai pas su l'aimer, c'est la vie…
Allons à la gare ferroviaire.
"Ferroviaire" fait bien désuet. Cette insistance sur "ferroviaire" ne saurait être anodine. Mais que veut-on ferrer ?
C’est une ville sur une colline.
Je sais. Toulon est sur un colline. Du moins elle grimpe au Faron à grand renfort de téléphérique.
Il vit dans un palais important.
Je ne connais pas de palais sur le Faron. De grandes et belles propriétés, c’est vrai. L’une d’elle construite récemment, 100 m au dessus de chez moi, sur la corniche, belle à en baver. Et des lotissements en construction. Mon garagiste en est malade qui voit sa tranquillité bientôt menacée par les cris d’enfants du peuple dans la cour d’immeubles mal entretenus.
Les théâtres sont grands.
C’est donc cela. Ce n'était pas une salle en ville mais le théâtre de la vie. A ciel ouvert, dans la garrigue. Rosanvallon ?
C’est une vieille prison.
La vie ? Sa sœur ?
— « paga l’albergo »
Je dois payer pour ce que j’ai fait. D'accord. Mais je n’avais pas de mauvaise intention. Je suis innocent. Je plaide les circonstances atténuantes. Nous n’étions pas fait l’un pour l’autre voilà tout. Moi, en tout cas, je n’étais pas prêt. Maintenant, c'est sûr, j’agirais autrement. Par lâcheté ? Ou est-ce alors que je fus lâche ?
Je ne sais pas où est la gare ferroviaire.
Il m’embête avec cette gare. Moi, je sais très bien où est la gare de Toulon. J’y suis passé tous les week-ends aller-retour pendant cinq ans. Et puis cette insistance sur « ferroviaire », c’est lourd. Qu'est ce que ça veut dire ? Seul un bébé s’exprime comme ça. Un enfant perdu dans une ville immense qui l'agresse. Abandonné de ses parents. Ils ont pris le train. Ils l’ont oublié. Ils vont réaliser bientôt leur erreur, tirer l’alarme, stopper le train. Il va faire marche arrière. Il sera sauvé, on pleurera de joie. Mais il ne sait pas où est la gare ! Ils l’ont abandonné. C’était voulu. Il est le nouveau Poucet mais sans caillou ni mie de pain et sans ses frères.
Entrons dans le palais.
Oui, il est temps, je suis prêt.
Paie l’auberge !
Tout ce que vous voudrez. Mon repentir est sincère.
— la nostra città ha un vecchio castello – notre ville a un vieux château
Bien vieux en effet. Et nous n'avons pas encore visité toutes les salles...

Patrice Grabas il y a 3 mois

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